Dans la forêt – Jean Hegland

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Et si un jour, tout ce que nous connaissons s’arrêtait? Comment organiserions-nous notre survie si jamais nous en venions à devoir vivre sans électricité, sans carburant, sans téléphone? Quelles décisions prendrions-nous face à ce semblant d’apocalypse?

Imaginez maintenant deux adolescentes, Nell et Eva, de dix-sept et dix-huit ans; elles vivent aux Etats-Unis, dans une maison en pleine forêt, ne sont jamais allées à l’école, mais ont étudié à la maison, sont connectées à Internet. Leur monde se résume à leurs parents, leurs passion (la danse pour Eva, l’étude tout azimut pour Nell), et quelques escapades en ville. Leur père est professeur, leur mère a été danseuse et est maintenant tisseuse. Ils mènent une vie relativement normale.

Puis un jour, le téléphone, puis l’électricité fonctionnent de manière aléatoire jusqu’à s’arrêter complètement, et en ville, il devient de plus en plus difficile de trouver de l’essence et des provisions. Dans le même laps de temps, leur mère décède de maladie, suivi quelques mois plus tard de leur père, à cause d’un accident de tronçonneuse.

Le livre commence en ce jour de Noël où elles sont seules : Nell offre à Eva une paire de ses vieux chaussons de danse qu’elle a réparés du mieux qu’elle pouvait; Eva offre à Nell un cahier vierge qu’elle a retrouvé quelques semaines plus tôt coincé entre un mur et une commode. Elles décomptent les jours pour en garder le rythme, se débrouillent pour économiser la nourriture qu’elles ont acheté en ville avec leur père la dernière fois qu’ils y sont allés, pour cultiver, récolter, organiser leur survie dans ce double cataclysme : la disparition de leurs parents et de leur civilisation.

On ne saura rien, finalement, des raisons qui ont entraîné  cet effondrement de leur civilisation. Le lecteur se retrouve, comme les deux héroïnes, isolé du monde extérieur et des autres êtres humains, comme absorbé par la forêt qui constitue le refuge de ces deux jeunes filles. Si elles survivent, c’est probablement d’abord parce qu’avec leurs parents elles vivaient déjà un peu en retrait de la société ; elles avaient une vie sociale restreinte pour des adolescentes. Et en même temps, Nell trouvait dans son ordinateur et sa connexion Internet une source intarissable qui disparaît quand l’électricité n’arrive plus. Pareil pour Eva dont le poste diffusait de la musique sans discontinuer pour danser et qui doit se contenter d’un métronome et d’entendre la musique dans sa tête pour continuer.

Peu à peu, on les voit se détacher de tout ce qui constitue notre société de consommation pour glisser vers une vie proche de ce que devait être la vie des indiens d’Amérique au XIXème siècle. La forêt devient progressivement leur seul univers et leur mère nourricière.

Ce roman fait partie de la sélection pour le prix Cézam 2018, mais il a été publié en 1996 aux Etats-Unis. C’est le premier roman de Jean Hegland qui depuis en a publié deux autres. Il est ressorti au format poche en juin 2018 aux éditions Gallmeister.

 

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