Photo de famille – Cécilia Rouaud

Photo de famille - Cécilia Rouaud

C’est l’hiver, une famille se retrouve pour les obsèques du grand-père, et c’est comme des retrouvailles où chacun gère comme il peut son rapport à la famille : Elsa, énergique et révoltée, « assume » la partie organisation; Gabrielle, artiste-statue, et Mao, game designer, arrivent en retard; Pierre, leur père ne sait pas trop comment réagir face à sa mère qui ne le reconnaît pas, et son ex-femme, Claudine, prend en charge sa belle-mère le temps de la cérémonie. Car c’est là que des décisions vont devoir être prises : « Mamie » est atteinte de la maladie d’Alzeihmer et ne peut plus vivre seule. Maison de retraite? Ce serait le choix de Pierre qui ne se voit pas prendre sa mère chez lui. La garder chacun son tour chez soi? C’est la solution que propose Elsa, suivie par Gabrielle, sans que chacune ait vraiment conscience de la charge que cela représente. Car pour les petits-enfants, « Mamie » est celle qui leur permettait de se retrouver, en les accueillant, l’été, dans sa maison à Saint-Julien; là où, a-t-elle déclaré, elle aimerait mourir, aussi.

Le film m’a beaucoup émue par la façon dont les rapports dans la fratrie sont traités : ce qui relie ces deux sœurs et leur frère, c’est le souvenir du bonheur vécu  lors des vacances d’été au cours desquelles ils se retrouvaient chez « Mamie », après le divorce de leurs parents et la séparation de la fratrie. Devenus adultes, ils ne se connaissent pas bien, ne se comprennent pas, attendent des autres qu’ils soient plus comme eux-mêmes.

Je trouve que Cécile Rouaud a bien cerné les enjeux de la famille. Une fois adultes, le seul argument d’être frères et sœurs ne suffit pas à garantir les liens; pour continuer à s’aimer, il faut constamment se détacher de ce qui a été pour prendre acte de ce qui est et l’accepter,  respecter les évolutions et les différences de chacun. Il s’agit là aussi d’un deuil à faire : celui de l’enfance et de l’innocence, de l’illusion d’une union indestructible que serait la famille.

Cécilia Rouaud a réussi à peindre avec beaucoup de justesse et de finesse des personnages forts avec leurs failles : Elsa (Camille Cottin), fille cadette blessée, exigeante, en conflit ouvert avec sa mère, vit très mal de ne pas réussir à avoir d’enfant avec son compagnon; Gabrielle (Vanessa Paradis), fille aînée, artiste, un peu dans la lune, mère d’un jeune garçon de 12 ans, Solal, qui aimerait aller vivre chez son père, tente de changer pour garder son fils avec elle; Mao, (Pierre Delalonchamps), peu sociable et trop timide pour entreprendre une relation amoureuse, végète dans un rôle d’adulescent.

Le rythme de film est  régulier, on est parfois dans la comédie, parfois dans le drame, mais surtout, on s’attache à chacun des personnages et on voudrait qu’ils arrivent à retrouver la complicité qui les liaient et qui semble leur manquer.

Voir la bande annonce.

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